
Ça fuse sur le réseau…; blogs, vidéoblogs, podcast fleurissent chaque jour par milliers, brassant leurs flots d’émotions et délivrant leurs messages sur la Toile. Exit les médias de papa, les médias c’est votre voisin, c’est vous, Je blogue donc je suis.
Pour dresser l’état des lieux de cette blogosphère, l’artiste américain Jonathan Harris lance « We feel fine ». Le site explore les sentiments humains présents sur ces nouveaux réseaux sociaux en enregistrant toutes les phrases contenant les termes « I Feel » et « Feeling ». Elles sont ensuite classifiées en fonction de leur contexte (pays, météo, âge et sexe du bloggeur) et de l’émotion exprimée.
À l’arrivée des millions d’entrées représentées par des particules flottantes ; leurs couleurs, tailles, formes et opacités informent sur la nature du sentiment. Chaque particule peut être cliquée pour visualiser la phrase complète.
L’interface simple et ludique permet d’explorer cette topographie affective à travers les différentes catégories ; « Les Suédois de 30 ans se sentent-ils solitaire par temps de pluie ? » , etc.
Déjà acclamé pour son précédent projet Tenbyten.org ( le programme recueille les informations diffusées par les sites de Reuters, de la BBC et du New York Times, y collecte les 100 mots et photos les plus fréquents et les restitue sous forme de mosaïque), « We feel fine » provoquera sans doute quelques émotions dans la blogosphère…
www.wefeelfine.org
Olivier de Locht

Cliquer, sélectionner, défiler, redimensionner, voilà des gestes quotidiens devenus automatismes inconscients pour tout utilisateur d’applications informatiques. Moins anodin est le geste de l’artiste hollandais Jan Robert Leegte, qui depuis 1997, revisite l’esthétique de l’interface Windows ; curseurs de souris, barres de défilements, colonnes de fenêtres constituent les principaux sujets de ses installations.
Projetées en séries sur des panneaux en bois, ses « scrollbars » ondulent indéfiniment ou bien emboîtées elles restructurent l’espace, non sans rappeler les premiers travaux de Richard Serra et de Frank Stella.
Le site de l’artiste présente également des œuvres « à cliquer », toujours dans le même esprit formel et minimal. Des boutons lambdas prennent acte des clics du visiteur et composent des triptyques contemporains « three buttons », une accumulation de curseurs dessine une forêt imaginaire « mousecloud », tandis que des images vides s’offrent un swing à trois temps « untitled swing ».
Isolés de leurs contextes et démis de leurs fonctions, les symboles graphiques mis à nu acquièrent une réalité nouvelle provoquant un sentiment de familiarité et d’étrangeté.
Un univers abstrait à expérimenter ou à voir, entre net art et monochrome, qui devrait dépasser l’intérêt des seuls initiés aux suites de 0 et de 1 par sa matière et sa mise en forme.
www.leegte.org

En avance de quelques clics, le Japon vit à l’heure du tout numérique. Et ses artistes également ; artisans modernes du réseau et de ses interfaces ultra présentes dans le quotidien nippon.
Le webzine japonais Shift lève le voile sur les processus de création mis en œuvres par ces nouveaux esthètes de la communication.
Après 100 numéros et 8 années de services dédiés à la culture digitale, le site est devenu un lieu incontournable pour qui s’intéresse aux dernières tendances visuelles.
Aujourd’hui, la formule initiale du webzine reste présente à travers le blog – sélection de sites relatifs à l’art, au design et à la mode -, mais le contenu s’est étoffé et dépasse désormais la simple revue de sites ; compte-rendus des festivals en vue (Ars Electronica, Sonar…), chroniques d’exposition prenant place dans les grands pôles culturels, galeries virtuelles présentant le travail de différents artistes, interviews, etc.
Pour chaque nouveau numéro, un artiste est mis à l’honneur et illustre la couverture de façon singulière. La navigation aisée, grâce aux menus déroulant, vous permet d’accéder, en un simple clic, à la rubrique souhaitée ainsi qu’à l’ensemble des articles parus depuis 1996.
À l’image de son webzine, multidisciplinaire, Shift publie également livres et DVD, produit posters et t-shirts et organise des concours de courts-métrages projetés dans leur galerie…La boucle est bouclée.

Dans la même veine que le bookcrossing (où le lecteur passionné abandonne son livre fétiche dans un lieu public afin qu’un inconnu s’en empare et le découvre à son tour), voici 1000journals.
Il s’agit également de libérer des livres, mais ceux-ci amorcent leurs périples vierges de toutes écritures.
En effet, les mille journaux parcourent le globe et récoltent des tranches de vies ; chaque auteur y allant de sa plume ou de son pinceau afin de participer à ce gigantesque collage polyphonique.Chapitre clos, le journal atterrira chez le voisin ou sera laissé en transit dans un parc.
À l’origine du projet un jeune designer, Brian Singer, séduit par les messages et autres dessins laissés sur les portes des toilettes, a voulu pousser l’idée un peu plus loin. Plus intéressé par le processus de collaboration que le résultat, il définit le projet comme une expérience sociale permettant à ses participants d’interagir et d’être créatif, à l’abri de tous jugements.
En attendant le retour des journaux (à ce jour un seul est revenu à son destinataire) l’internaute pourra suivre sur le site leurs voyages autour du globe et découvrir à travers les dessins, poèmes et pensées intimes, ce cadavre exquis mondial.
www.1000journals.com

Lorsque les dernières technologies graphiques s’associent à la langue de Shakespeare, cela donne Born Magazine, lieu hybride entre le magazine littéraire et la galerie d’art virtuelle.
Le site, fondé en 1997, propose plus de 300 animations et récits visuels, mariant ainsi les arts littéraires aux médias interactifs.
Chaque nouvelle issue du magazine présente différents styles d’animations, classés sous deux sections principales.
La première présente des interprétations visuelles de poèmes ou de courts textes, sélectionnés pour leurs qualités rythmiques. La seconde, plus expérimentale, repousse, à travers les différentes fictions, les limites de la navigation interactive.
Défini par ses créateurs comme « Un espace créatif communautaire où les artistes et les écrivains expérimentent les possibilités du multimédia et donnent naissance à des formes artistiques originales. », Born Magazine offre l’opportunité aux artistes et écrivains d’explorer de nouveaux champs narratifs.
Exercice de style réussi entre une navigation interactive et un contenu exigeant ; les animations établissent un dialogue créatif entre les éléments sonores et visuels, avec pour toile de fond une prose développant sa structure au rythme du visiteur, dévoilant ainsi de nouvelles lignes d’horizons.
Voilà qui devrait réconcilier amateurs de belles lettres et mordus de pixels.
www.bornmagazine.org
Olivier de Locht
Véritable galerie en ligne, The Remedi Project.com réunit pas moins de 60 artistes numériques regroupés sous 12 expositions permanentes.
Initié en 1997 par un collectif de graphistes, désireux d’offrir au public de nouvelles formes artistiques, le site fait toujours office de référence dans le domaine du Net art.
Les artistes invités ayant eu pour seule consigne de créer en toute liberté et d’expérimenter de nouveaux procédés de représentation, il en résulte des œuvres aussi variées que singulières, mixant nouveaux médias et arts classiques. Mais avec toujours la nécessité pour l’internaute de devenir acteur plutôt que simple spectateur, ceci afin de déployer le potentiel de chaque œuvre.
Le visiteur pourra, selon son humeur, s’aventurer à l’élaboration d’une peinture abstraite à travers les langages binaires, recréer les songes de l’artiste à partir de fragments d’images, élaborer une pièce sonore en trois dimensions, contempler un jardin numérique ou encore se dérider dans des pseudo-systèmes, satire des nouveaux médias.
Commentaires et interviews viennent éclairer le sens des œuvres, pas toujours saisissable au premier coup de souris.
À mi-chemin entre œuvres aléatoires et œuvres strictement linéaires, The Remedi Project invite à la flânerie interactive.
Ce vendredi 17 octobre avait lieu la remise des distinctions aux lauréats du Prix des cinq continents de la Francophonie 2003.
Ce prix créé en 2001 par l’agence intergouvernementale de la Francophonie consacre un roman d’un écrivain n’ayant pas publié plus de trois romans, favorisant d’une part l’émergence de nouveaux talents et d’autre part reflétant la richesse littéraire et la diversité culturelle de la langue française.
Cette année le prix voyait la consécration de 4 auteurs africains et 1 auteur haïtien retenu pour la sélection finale.
Après êtres passés par Paris où l’auteur Français Marc Durin-Valois s’est vu remettre le prix pour son roman Chamelle, les membres du jury se sont arrêtés à Bruxelles afin de remettre aux lauréats leur distinction.
Ce passage, au sein de la capitale européenne, fut l’occasion pour le public de rencontrer Lyonel Trouillot, membre du jury (du Prix des cinq continents de la Francophonie).
Auteur, professeur de littérature et journaliste, Lyonel Trouillot né en 1956 à Port-au-Prince, vit en haiti une œuvre poétique et romanesque de première importance. Chef de file d’une nouvelle génération d’auteurs Haïtien qu’il qualifie de « Génération des Editions des Mémoires » Où il ne s’agit plus ici de romancer le réel haïtien, ou d’établir un réalisme merveilleux mais plutôt de traduire à travers ses romans une crise de l’identité face à un espace hostile, bousculant le lecteur par une provocation subtile et jamais gratuite.
Cette tension des personnages se ressent à travers le style de Lyonel Trouillot, à la frontière entre débordement et retenue laissant un espace nécessaire au lecteur. L’auteur qualifie d’ailleurs ses oeuvres de nécessaires en tant qu’individu et non en tant que porte-parole d’une communauté.
La rencontre avec Lyonel Trouillot fut également l’occasion d’évoquer, en présence de l’ambassadrice Haïtienne à Bruxelles, les problèmes que rencontrent les écrivains haïtiens pour publier leurs œuvres.
En effet, ils manquent sévèrement de moyens face à une politique culturelle du gouvernement trop souvent absente.
Après « Rue des pas-perdus » et « Thérèse en mille morceaux », Lyonel Trouillot a publié en 2002 « Les enfants des héros » chez Acte Sud.

Derrière l’interface épurée de « Media Art Net », pas moins de 900 artistes présentés sous le label des arts médiatiques. Leurs œuvres explorent les médias ou utilisent les innovations technologiques à travers des dispositifs audiovisuels; installations, vidéos, performances, modules interactifs.
Interdisciplinaire, le site brosse un tableau exhaustif des différents courants artistiques depuis l’avant-garde jusqu’à nos jours. Il traduit également l’ambition de ses fondateurs; une plateforme qui s’adresse à un public plus large que celui des initiés en offrant un contenu étoffé et exigeant.
Désireux de créer des passerelles entre les disciplines, les concepteurs ont privilégié l’approche multiple et transversale. Le site permet ainsi de naviguer en surface, en parcourant les différentes œuvres et les courants à travers leurs médias, ou plus en profondeur, en s’immergeant dans les différents essais et textes théoriques.
Pointus, sans êtres hermétiques, les 9 dossiers proposés sur la page d’accueil ( Esthétique digitale , Introduction aux arts médiatiques, Cyborgs , Outils génératifs , etc.) constituent un bon point de départ pour saisir les enjeux esthétiques et formels contemporains, de John Cage et ses Paysages Imaginaires à Eduardo Kac et Alba, son lapin fluorescent.
http://www.mediaartnet.org
Olivier de Locht

Aux souvenirs d’heures passées en culottes courtes à jouer avec toupies, ressorts et élastiques, répondent les œuvres de Manny Tan. L’artiste propose sur son site plus de 50 modules à manipuler et à contempler. Il y a là une véritable faune et flore digitale à l’esthétique formelle n’attendant qu’un simple clic pour éclore.
Composées à partir de formes simples, (lignes, ronds, carrés) les œuvres donnent naissance à des systèmes autonomes simulant l’évolution d’insectes et autres bestioles imaginaires ou représentent des formes abstraites dynamiques et éphémères.
Inspirées par l’observation de la nature et autres phénomènes quotidiens, les œuvres de l’artiste ont pour point commun les algorithmes. Colonne vertébrale nichée derrière chacune d’entre elles, cet ensemble d’instructions logiques régit le comportement des formes, permettant ainsi la représentation de forces comme l’inertie et la gravité.
À la façon des constructivistes pour qui la toile était avant tout une affaire de raison et de calcul, il s’agit ici d’un art aléatoire généré par ses contraintes mathématiques.
On pense également à Pevsner qui voulait introduire le temps et l’espace dans ses sculptures. C’est chose faite.
http://www.uncontrol.com/

Avant de découvrir les pixels, Nicolas Claus peignait des toiles faites d’objets trouvés, de photos et de matériaux divers mélangés à ses pigments. Depuis l’artiste a troqué ses pinceaux pour la souris et n’a cessé de créer des œuvres atypiques, dénotant par leur sensibilité et leur qualité interactive.
Assez loin d’un art numérique monochrome et formaté, ses tableaux présentés sur son site Flying Puppet sont avant tout une affaire de textures et de sons.
Au fil de ses collaborations, l’œuvre de l’artiste transdisciplinaire explore récits intimes de personnages fictifs ou bien réels, met en scène danseurs contemporains, revisite l’autoportrait comme la nature morte de manière poétique et ludique.
L’internaute peut donc esquisser quelques pas de danses, explorer des espaces sonores, ébaucher des abstractions picturales d’un simple (mais délicat) clic ou encore mettre en scène un spectacle chorégraphique.
Au fur et à mesure de la visite, on se familiarise avec le procédé interactif et le sentiment de recréer le geste du peintre sur la toile s’intensifie en même temps que se déploient silhouettes et nappes acoustiques.
www.flyingpuppet.com
Olivier de Locht

« Un jeu où l’on mélange beaucoup de choses pour faire autre chose. » lance une des jeunes voix qui compose le tableau interactif, à la façon Ben celui-ci.
À travers neuf pièces interactives, Nicolas Clauss et sa jeune équipe revisitent l’univers pictural de quelques grandes figures de l’art contemporain (F. Bacon, M. Duchamp, etc.).
Double pari réussi pour l’artiste ; celui d’initier des adolescents, hors des circuits traditionnels, aux artistes contemporains et leur faire découvrir les nouveaux outils de créations numériques.
En résulte une œuvre fine, poétique et touchante où les apprentis-peintres livrent leurs impressions sur l’œuvre de l’artiste sélectionné et expriment d’une façon plus générale leur perception de l’art. Emmenée par Nicolas Clauss en chef d’orchestre, l’équipe a incorporé ses photos, vidéos, extraits sonores et récits personnels au cœur même des toiles.
L’expérience est complète pour le visiteur; aux mouvements de souris répondent des tracés sur la toile et apparitions de couches picturales, aux clics répondent nappes sonores et commentaires des jeunes sur leurs choix artistiques.
Éducatifs et ludiques, les tableaux pixellisés révèlent quelques perles ; « L’accumulation de mots, c’est de l’art » pour un travail collectif que l’on sent exigeant et ciselé par l’artiste

Produit par l’Institut des nouveaux médias de Banff, au cœur des montagnes canadiennes, la revue électronique Horizon Zéro, dédiée à la culture et plus particulièrement aux arts numériques, publie son dernier numéro intitulé à point nommé : Archiver.
Au-delà de la présentation des artistes, le site relève les enjeux des nouvelles technologies et ses formes d’expressions tant dans les disciplines artistiques que dans ses usages quotidiens. La revue s’adresse donc aussi bien aux férus du pixel qu’à toute personne sensible à la culture numérique.
Accessible et didactique, la revue a publié entre autres sur l’écriture numérique, les cyborgs, l’art interactif, les nanotechnologies et les vêtements intelligents…
Chaque publication illustre son propos en exposant l’œuvre d’un ou de plusieurs artistes, généralement canadien, et le met en perspective à travers critiques, théories et entretiens. Jeux de miroirs, la revue évite les répétitions et propos hermétiques en créant un espace où les différentes disciplines se côtoient et s’éclairent.
Les dossiers sont accessibles soit en format texte ou en version Flash pour bénéficier pleinement du contenu. La mise en forme soignée et originale est assurée par les différents intervenants renouvelés à chaque publication.
Belle initiative donc, encore trop rare sur le Net francophone, qui se clôturera par la mise sous cellophane d’un DVD rassemblant l’ensemble des numéros.
www.horizonzero.ca

Alors que les sites personnels foisonnent sur Internet, celui de l’artiste hollandais Jogchem Niemandsverdriet émerge du lot par une œuvre atypique.
En guise de préambule, une silhouette tape frénétiquement sur le clavier de son ordinateur, derrière lequel coule une ribambelle de mots allant de « pied » à « cuisine » en passant par « poisson ».
Pas de points communs apparents entre tous ces mots, si ce n’est l’esprit de l’artiste, les illustrant par le biais d’animations, dessins et récits subjectifs.
L’artiste joue à cache-cache derrière ses bribes de pensées, aussi légères qu’un château de cartes et agencées de façon hasardeuse par le visiteur.
La navigation se fait soit par association de mots ou par une petite icône renvoyant, au hasard du temps écoulé, à un autre fragment de textes. L’artiste dévoile ainsi un quotidien rehaussé par une imagination fertile et tendre, au rythme des clics, mais sans pour autant excéder par excès d’intimité.
C’est un véritable jeu de piste à travers les songes de son créateur, mis en scène par les liens, mais jamais linéaire.
D’ailleurs, l’artiste étonné de son succès, suggère : « Les gens viennent sur mon site pour être perdus… » .
Le « je » est omniprésent mais déjà un clic plus loin.

À travers de courtes animations en flash, cet artiste Hollandais invite les internautes à suivre les avatars de son alter ego numérique. Le personnage burlesque est à la fois super héros et commun des mortels. S’il se transforme, se métamorphose, c’est toujours pour mieux rebondir et dépeindre à travers ses prouesses les peurs et doutes qui animent son quotidien intérieur.
Tout droit sorti de l’imaginaire de Han Hoogerbrugge, qui, après avoir étudié la peinture à Rotterdam et développé ses talents dans les arts plastiques, découvre Internet en 1996 et décide de publier les aventures de son personnage sur la toile.
Si les premières animations se veulent le reflet des préoccupations de l’artiste, la suite des épisodes prendra une tournure plus générale : « Je voulais explorer l’esprit de notre époque et l’exprimer à travers les aventures de mon personnage » précise Hoogerbrugge.
Mais que ce soient les premiers gif animés ou les animations en flash, le style reste formel et l’univers absurde et implacable, rythmé par une bande sonore méthodique.
Happé par l’atmosphère hypnotique, on se surprend à se délecter de nos clics hasardeux, entraînant la réapparition heureuse du héros intrépide et flegmatique, toujours prêt à réitérer l’expérience.